12 février 2026

Le Ghana prépare un cadre pour faciliter la cotation des banques en bourse

Les autorités monétaires ghanéennes travaillent à la mise en place d’un cadre visant à encourager les banques à entrer sur le marché boursier. L’objectif est d’élargir l’actionnariat bancaire en mobilisant l’épargne locale, notamment via les fonds de pension, tout en préservant la stabilité du système financier.

Le Ghana veut ouvrir davantage le capital de ses banques au marché boursier. Le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Pandit Asiama (photo), a annoncé le mardi 10 février 2026 la création de deux instances : un comité de pilotage et un comité technique, chargés de conduire ce projet.

Ces comités réunissent des représentants de la supervision bancaire, des marchés de capitaux, de la stabilité financière, du monde académique et des professionnels du secteur. Leur mission est d’élaborer un dispositif pratique, crédible et adapté aux réalités ghanéennes, favorisant les introductions en bourse des banques.

Mobiliser l’épargne locale pour financer les banques

Les autorités estiment que le système bancaire ghanéen entre dans une phase où les investisseurs institutionnels locaux jouent un rôle croissant. Les actifs des fonds de pension dépassent désormais 100 milliards de cedis ghanéens, représentant une source de financement à long terme pour l’économie.

Certaines banques déjà cotées à la Ghana Stock Exchange (GSE) comptent parmi leurs actionnaires des fonds de pension, qui détiennent entre 15 % et 35 % du capital. Cela démontre que, lorsque le cadre réglementaire est clair, les acteurs locaux peuvent participer au capital bancaire. La cotation des banques vise ainsi à relier l’épargne nationale au financement bancaire et à soumettre les établissements à la discipline du marché. L’objectif n’est pas une introduction immédiate, mais de créer des conditions favorables pour celles qui remplissent les critères.

Un cadre adapté à des profils de banques variés

Le secteur bancaire ghanéen présente des profils divers : certaines banques sont déjà cotées, d’autres appartiennent à des groupes étrangers, et certaines encore ont une participation publique. Les autorités soulignent qu’un cadre uniforme ne peut pas s’appliquer à toutes ces situations.

Le futur dispositif sera progressif et prendra en compte les exigences prudentielles de la Banque du Ghana, les règles de marché de la Securities and Exchange Commission (SEC) et les obligations en matière de gouvernance et de publication d’informations financières.

À travers ce projet, le Ghana entend faire du marché boursier un complément du financement bancaire, tout en préservant la stabilité du système financier. Les résultats des travaux des comités sont attendus prochainement.

Source : ecofin