Depuis le 1er mai, la Chine a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie africaine en supprimant les droits de douane sur les produits en provenance de 53 pays du continent. Cette mesure, annoncée pour une durée de deux ans, élargit un dispositif déjà en place depuis décembre 2024, qui bénéficiait jusque-là à 33 pays parmi les moins avancés.
Avec cette extension à 20 économies supplémentaires, Pékin adopte une approche unilatérale : aucune contrepartie n’est exigée. Les États africains concernés ne sont pas tenus de réduire leurs propres barrières tarifaires sur les importations chinoises. Une exception notable subsiste toutefois , Eswatini en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan reste exclu du dispositif.
Une stratégie commerciale assumée
Derrière cette ouverture commerciale, la logique est claire. Déjà premier partenaire commercial du continent, la chine cherche à consolider son positionnement sur un marché africain en forte croissance démographique et économique. En facilitant l’accès de produits africains à son marché, elle stimule les exportations du continent tout en renforçant ses propres débouchés pour les produits manufacturés.
Les résultats illustrent cette dynamique : les échanges commerciaux sino-africains ont atteint un niveau record de 300 milliards de dollars en 2025, confirmant une trajectoire de croissance continue.
Opportunité pour les exportateurs africains
Pour les entreprises africaines, cette mesure constitue une opportunité stratégique. L’accès sans droits de douane au marché chinois peut améliorer la compétitivité des produits agricoles, miniers et industriels africains, notamment pour les PME cherchant à se positionner à l’international.
Cependant, les bénéfices réels dépendront de la capacité des acteurs locaux à répondre aux exigences du marché chinois (normes, volumes, logistique) et à structurer des chaînes d’exportation performantes.
Influence ou partenariat équilibré ?
Cette décision relance le débat sur la nature des relations sino-africaines. S’agit-il d’un levier de développement mutuel ou d’un instrument d’influence économique à long terme ? En renforçant son intégration commerciale avec le continent, Pékin consolide indéniablement sa présence stratégique.
Pour les décideurs économiques africains, l’enjeu sera de transformer cette ouverture en levier de diversification, de montée en gamme et de création de valeur locale afin d’éviter une dépendance accrue.
Dans un contexte de recomposition des échanges mondiaux, cette initiative confirme que l’Afrique reste au cœur des stratégies économiques globales.
Kadiatou Sow
