Alors que le Nigeria cherche à réduire sa dépendance aux carburants importés, les autorités semblent appliquer plus strictement les règles du code pétrolier qui prévoit que les importations ne doivent intervenir que lorsque la production locale est insuffisante pour couvrir la demande.
Selon des informations rapportées mercredi 11 mars par les médias locaux, le régulateur nigérian de l’aval pétrolier (NMDPRA) a suspendu pour un deuxième mois consécutif la délivrance de licences d’importation d’essence, signalant une volonté accrue de privilégier l’approvisionnement domestique. Les données du régulateur montrent ainsi qu’aucune licence d’importation n’a été accordée en février.
De plus, l’association des raffineurs locaux (CORAN) a confirmé qu’aucune autorisation n’a été délivrée jusqu’ici au mois de mars. L’entité qui appelle depuis plusieurs années les autorités à limiter les importations jugées préjudiciables à la rentabilité des raffineries domestiques, a salué la décision du régulateur. Son porte-parole, Eche Idoko, estime que toute mesure visant à protéger la production locale constitue une évolution positive pour le secteur, tout en soulignant que le principal défi sera désormais de maintenir cette orientation dans la durée.
Cette décision prend sa source dans les dispositions du code pétrolier de 2021, qui autorisent les importations de carburants uniquement lorsque la production locale ne permet pas de satisfaire la demande nationale. Selon les données du régulateur, les volumes disponibles sur le marché domestique ont été jugés suffisants pour répondre aux besoins du pays.
La consommation moyenne quotidienne d’essence au Nigeria a atteint 56,9 millions de litres par jour en février 2026, contre 60,2 millions de litres en janvier. Dans le même temps, la raffinerie du Groupe Dangote a fourni 36,5 millions de litres d’essence et environ 8 millions de litres de diesel au marché local au cours du mois. Sur la base de ces volumes, le régulateur a estimé que la production domestique permettait de limiter le recours aux importations. De plus, courant février, la raffinerie a atteint sa pleine capacité de traitement qui s’élève à 650 000 barils par jour.
La suspension des licences marque une évolution par rapport à la position défendue par l’ancien dirigeant de l’autorité de régulation, qui estimait que la poursuite des importations était nécessaire pour maintenir la concurrence sur le marché et éviter qu’un seul acteur ne domine l’approvisionnement du pays.
La question de l’équilibre entre production locale et importations reste toutefois sensible dans un pays qui a longtemps exporté son pétrole brut tout en important l’essentiel de ses produits raffinés. Le développement de nouvelles capacités de raffinage, notamment avec la raffinerie du Groupe Dangote, modifie progressivement cet équilibre et pousse les autorités à ajuster leur politique d’approvisionnement.
