Sur les douze pays africains couverts par l’étude, quatre seulement présentent des niveaux de risque de non-paiement faibles ou moyens pour les entreprises tandis que les trois premières puissances économiques du continent (Afrique du Sud, Nigeria et Egypte) affichent de mauvaises performances.
Le Maroc est le seul pays africain qui présente un faible risque de non-paiement pour les entreprises, selon la troisième édition du rapport Country Risk Atlas publié le lundi 16 février par le leader mondial de l’assurance-crédit Allianz Trade.
Ce rapport fournit une analyse complète et un aperçu des facteurs économiques, politiques, de l’environnement commercial et du développement durable qui influencent les tendances du risque de non-paiement pour les entreprises à un niveau macroéconomique dans 83 pays, représentant environ 94 % du PIB mondial. Il s’appuie sur un modèle exclusif d’évaluation des risques qui est mis à jour chaque trimestre pour prendre en considération les derniers développements économiques.
Une note à moyen terme (Country Grade) est attribuée à chaque pays étudié sur une échelle composée de six niveaux de risque allant du plus faible au plus élevé (AA, A, BB, B, C, D) sur la base de 18 indicateurs couvrant trois domaines : risque macroéconomique, risque politique et environnement commercial structurel.
Une autre note à court terme (Country Risk Level) est attribuée sur une échelle allant de 1 (risque faible) à 4 (risque élevé) sur la base de 17 indicateurs qui couvrent les risques de financement à court terme pour une économie pouvant avoir un impact sur le paiement des créances commerciales entre entreprises ; et les risques commerciaux mesurant les perturbations à court terme de la demande. La combinaison des notes à moyen et à long termes aboutit à une note globale qui reflète les niveaux de risque de non-paiement pour les entreprises dans chaque juridiction étudiée. Quatre niveaux de risque ont été retenus : faible, moyen, sensible et élevé.
En Afrique, l’étude Country Risk Atlas couvre 12 économies parmi les plus importantes du continent (Algérie, Angola, Côte d’Ivoire, Egypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie et Tunisie).
Le Maroc obtient la note B1(risque faible), grâce notamment à une économie de plus en plus diversifiée et axée sur les activités industrielles orientées vers les marchés européens, une politique étrangère alignée sur celle de l’administration Trump et un potentiel pour devenir un hub énergétique reliant l’offre africaine et la demande européenne. Ce pays d’Afrique du Nord présente cependant des points faibles liés au chômage des jeunes (35%), aux chocs climatiques et aux tensions diplomatiques avec l’Union européenne et l’Algérie.
Les trois premières puissances économiques africaines sont mal classées
La Côte d’Ivoire occupe le deuxième rang à l’échelle africaine avec une note B2 (risque moyen). Ce niveau de risque reflète un environnement stable qui favorise une croissance rapide, une inflation maîtrisée, le rang de premier producteur mondial du cacao, la hausse de la production du pétrole et l’adhésion du pays à l’UEMOA qui garantit la stabilité monétaire. Ce pays d’Afrique de l’Ouest affiche cependant des faiblesses liées à la prédominance du secteur informel, à la vulnérabilité aux effets du changement climatique et aux défis sécuritaires provenant des pays voisins de la région du Sahel.
L’Algérie obtient la note C2 (risque moyen) à la faveur de ses rangs de premier producteur de gaz naturel en Afrique et de deuxième fournisseur de pétrole à l’Europe et de son grand potentiel dans les domaines de la production des énergies renouvelables et de l’exploitation minière. Au rang des vulnérabilités relevées dans ce pays du Maghreb, Allianz Trade cite notamment le risque d’instabilité sociale lié aux protestations organisées par les jeunes, le déclin progressif de la production des hydrocarbures et le manque de diversification économique.
La Tanzanie (C2) figure aussi dans la catégorie des pays présentant un risque de non-paiement moyen. Les principaux points forts de ce pays d’Afrique de l’Est sont ses ressources naturelles importantes, sa démographie favorable et le développement des infrastructures reliant des pays producteurs de minerais enclavés de la région aux hubs logistiques maritimes.
L’Afrique du Sud est notée B3, soit un niveau de risque sensible à cause notamment de l’impact important des tarifs douaniers américains sur son économie, de l’affectation d’une grande part des recettes publiques au remboursement de la dette, des inégalités sociales élevées et de la fragmentation des acteurs politiques.
Viennent ensuite le Kenya (C3, risque sensible), le Nigeria (C3, risque sensible), l’Egypte (D3, risque sensible), le Sénégal (D3, risque sensible), l’Angola (D3, risque sensible), le Ghana (C4, risque élevé) et la Tunisie (D4, risque élevé).
Ainsi, un seul pays africain affiche un niveau de risque faible risque de non-paiement pour les entreprises, trois présentent un risque moyen, six un risque sensible et deux un risque élevé.
Source : Ecofin
