4 septembre 2026

Sénégal-FMI : Un accord de principe historique pour un prêt de 2,2 milliards de dollars (2026-2029)

Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord de principe historique pour un nouveau prêt d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars (soit un peu plus de 1 240 milliards de FCFA) s’étalant sur la période 2026-2029. Cette annonce, officialisée par le ministre sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, marque le retour de la coopération financière entre les deux partenaires après près de deux ans de suspension et d’intenses négociations.

Le contexte d’une crise budgétaire sans précédent

Ce nouveau programme de réformes, qui s’inscrit au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), intervient dans un climat macroéconomique particulièrement tendu pour Dakar. La situation financière du Sénégal s’est lourdement dégradée à la suite des révélations issues d’un audit de la Cour des comptes commandé par le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye. Ce rapport a mis au jour une « dette cachée » et non déclarée de plus de 7 milliards de dollars contractée sous le mandat de l’ancien président Macky Sall.

Ces révélations de communication d’informations erronées avaient poussé le FMI à geler son précédent plan de soutien de 1,8 milliard de dollars. En conséquence, l’encours de la dette publique sénégalaise s’est envolé pour culminer à un niveau alarmant de 132 % du PIB. Aujourd’hui, le remboursement des seuls intérêts de la dette asphyxie l’État en absorbant à lui seul un quart des recettes fiscales nationales, limitant drastiquement les marges de manœuvre budgétaires du pays.

Les trois piliers du programme de réformes

Le nouveau dispositif financier accordé au niveau des services du FMI repose sur trois objectifs prioritaires, détaillés par le représentant de l’institution au Sénégal, Majdi Debbich :

  • Le rétablissement de la viabilité des finances publiques à moyen terme afin de réduire les vulnérabilités budgétaires.
  • Le renforcement de la gouvernance et de la transparence dans la gestion de l’État, en mettant en œuvre des garde-fous stricts pour éviter de nouvelles erreurs de déclaration comptable.
  • La promotion d’une croissance inclusive et la création d’emplois durables via le soutien au secteur privé et l’augmentation des dépenses sociales.

Parallèlement à ce prêt, les autorités sénégalaises ont annoncé la mise en place d’un Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS) fondé sur une version adaptée du Cadre commun du G20. L’objectif est de mener une restructuration ordonnée et moins brutale pour honorer les engagements financiers du pays tout en préservant le tissu économique local.