a Côte d’Ivoire entend renforcer la participation du secteur privé au financement de son développement. Le ministère du Plan et du Développement et la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, poursuivent leurs échanges pour structurer des chaînes de valeur dans les filières stratégiques du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Dans ce cadre, le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a reçu le mardi 6 octobre 2026 à Abidjan Josiane Kwenda, représentante régionale d’IFC pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo.
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement du Groupe consultatif des 8 et 9 juillet 2026, au cours duquel IFC avait annoncé un engagement de 5 milliards de dollars en faveur du développement du secteur privé en Côte d’Ivoire.
Le PND 2026-2030 comme cadre d’orientation des investissements
La structuration des chaînes de valeur vise à mieux identifier les possibilités d’investissement dans les secteurs prioritaires du PND 2026-2030. L’objectif est de rendre ces opportunités plus lisibles pour les entreprises nationales comme pour les investisseurs internationaux.
Les discussions entre les deux parties ont notamment porté sur trois axes : l’accompagnement des champions nationaux, le développement de l’agro-industrie et le soutien aux institutions financières.
Cette approche cherche à rapprocher les priorités de développement du pays des capacités de financement et d’intervention du secteur privé. Elle doit également favoriser une meilleure organisation des filières économiques, afin de stimuler les activités productives et la création de valeur ajoutée.
Les neuf pôles agro-industriels au cœur de la stratégie
Les neuf pôles agro-industriels régionaux constituent l’un des principaux leviers de cette démarche. Ils doivent servir de base au développement d’activités à plus forte valeur ajoutée autour des filières agricoles et agro-industrielles.
L’enjeu consiste à aller au-delà de la production agricole pour favoriser le développement d’activités de transformation et renforcer les retombées économiques dans les régions.
Une structuration plus poussée des chaînes de valeur pourrait ainsi améliorer la visibilité des projets pour les investisseurs et contribuer à renforcer l’attractivité économique des territoires.
Toutefois, les informations communiquées ne précisent pas les filières qui seront traitées en priorité, les projets concernés ni le calendrier de leur mise en œuvre.
Les partenariats public-privé dans la santé, les déchets et l’énergie
Les échanges ont également abordé le recours aux partenariats public-privé (PPP), notamment dans trois domaines : la santé, la gestion des déchets et l’énergie.
Ces partenariats figurent parmi les mécanismes envisagés pour mobiliser des financements et des compétences privées autour de projets répondant aux besoins du pays.
Le soutien aux institutions financières constitue un autre volet des discussions. Il s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les capacités de financement de l’économie et à faciliter l’implication des opérateurs privés dans les secteurs jugés stratégiques.
À ce stade, aucune répartition des 5 milliards de dollars annoncés par IFC entre ces différents domaines n’est précisée dans les informations disponibles.
Un cadre de concertation pour mieux identifier les opportunités
Au cours de la rencontre du 6 octobre, le ministre Souleymane Diarrassouba a recommandé la mise en place d’un cadre de concertation réunissant les acteurs concernés.
L’objectif est de fluidifier la circulation de l’information sur les priorités du PND, les projets disponibles et les possibilités d’investissement. Un tel dispositif pourrait faciliter la coordination entre les pouvoirs publics, les partenaires financiers et les entreprises intéressées.
La qualité de cette coordination sera importante pour transformer les orientations stratégiques en projets suffisamment structurés pour attirer les financements privés.
Une coopération à approfondir avec le Groupe de la Banque mondiale
Cette rencontre intervient à quelques jours des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), prévues du 12 au 18 octobre à Bangkok.
Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire entend poursuivre le dialogue avec IFC afin de rapprocher ses priorités de développement des possibilités de financement et d’investissement.
L’annonce de 5 milliards de dollars constitue un signal important pour le développement du secteur privé. Sa portée concrète dépendra toutefois des modalités de mobilisation de ces ressources, des projets retenus et du rythme de leur mise en œuvre.
La coopération entre la Côte d’Ivoire et IFC s’inscrit dans la volonté de mobiliser davantage d’investissements privés en faveur des objectifs du PND 2026-2030. Les neuf pôles agro-industriels, l’accompagnement des entreprises nationales et les partenariats public-privé figurent parmi les axes privilégiés.
La prochaine étape consistera à structurer les opportunités identifiées, à améliorer la coordination entre les acteurs et à préciser les conditions dans lesquelles les engagements annoncés pourront se traduire en financements effectifs et en projets économiques.
