25 juin 2026

Connectivité, Data et cybersécurité : quels leviers pour une souveraineté numérique en Afrique de l’Ouest ?

La French Tech Abidjan célébrés ses 10 ans à l’Institut Français d’Abidjan ce 23 juin 2026. Experts du numérique, télécoms et cybersécurité ont échangé sur les thématiques de la « Connectivité, Data et cybersécurité : quels leviers pour une souveraineté numérique en Afrique de l’Ouest ? ». Des éléments de réponses … 

La maîtrise des données, la résilience des infrastructures numériques, le cloud souverain et la cybersécurité étaient sont les défis au coueur de la souveraineté numérique en Afrique ?

Pour les panélistes, la souveraineté numérique ne se limite plus à la connectivité. Elle dépend désormais de la capacité des États et des entreprises à contrôler, protéger et valoriser leurs données.

Une connectivité de plus en plus solide

Pour construire une véritable souveraineté numérique, la première condition reste l’accès à des infrastructures de connectivité performantes. Ferdinand Tra, Directeur Orange Business et Broadband et président Orange Cloud & Cyber Solutions, a rappelé les investissements réalisés ces dernières années en Côte d’Ivoire. Selon lui, Orange Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de « 14 000 kilomètres de fibre optique déployés sur tout le territoire national » Ainsi que de plusieurs câbles sous-marins et solutions satellitaires permettant d’améliorer la résilience du réseau. L’objectif n’est plus seulement de connecter les entreprises, mais de leur permettre de travailler sans interruption afin qu’elles puissent se concentrer sur leur activité principale.

La donnée, un actif stratégique à maîtriser

Les échanges ont également mis en lumière l’importance croissante des données dans l’économie numérique. Pour Philippe Moh, Directeur général de Data 354, les secteurs comme la santé produisent chaque jour des volumes considérables d’informations. « La donnée est une mine d’or », a-t-il affirmé, en soulignant que ces informations permettent à la fois d’améliorer les services, de faciliter la prise de décision et de créer de la valeur économique.

Mais cette richesse ne peut être exploitée sans une bonne gouvernance. Pour les intervenants, les organisations doivent investir dans des architectures adaptées afin de mieux maîtriser, sécuriser et valoriser leurs données.

La cybersécurité, un investissement et non une dépense

Longtemps considérée comme un simple coût, la cybersécurité devient progressivement un facteur de compétitivité. Hervé Bah, Managing Partner de CiberObs Consulting, estime que de nombreuses entreprises prennent encore conscience de son importance trop tard. « Les entreprises voient souvent la sécurité comme un centre de coût plutôt que comme un levier de compétitivité », a-t-il expliqué. Selon lui, la cybersécurité ne nécessite pas toujours de lourds investissements. Des actions simples comme la formation des collaborateurs, le renforcement de l’authentification ou la sauvegarde des données permettent déjà de réduire considérablement les risques.

La souveraineté numérique ne se limite pas à l’hébergement local

L’un des principaux enseignements du panel concerne la définition même de la souveraineté numérique. Pour plusieurs intervenants, héberger les données dans son pays est important, mais cela ne suffit pas. Hervé Bah a rappelé que certaines réglementations internationales peuvent permettre à des autorités étrangères d’accéder à des données, même lorsqu’elles sont stockées en Afrique. Selon lui, la véritable question est de savoir « qui peut être contraint de donner accès à mes données ».

Cette réflexion pousse les entreprises et les États à examiner avec attention leurs choix de fournisseurs cloud et les garanties juridiques associées à la protection de leurs informations stratégiques.

Former les talents pour sécuriser l’avenir numérique

Enfin, les panélistes ont insisté sur le développement des compétences locales. Pour Hervé Bah, le défi ne concerne pas seulement le nombre d’experts disponibles, mais aussi la capacité du marché africain à les retenir. La demande mondiale en cybersécurité attire de nombreux talents vers l’Europe ou l’Amérique du Nord. Face à cette situation, les entreprises et les institutions doivent créer davantage d’opportunités afin de développer un écosystème numérique capable de soutenir durablement la souveraineté numérique de l’Afrique de l’Ouest.

Au final, les échanges ont montré que la souveraineté numérique repose sur trois piliers complémentaires. A savoir, des infrastructures robustes, une meilleure maîtrise des données et une cybersécurité intégrée dès la conception des projets numériques.

Avec Digital Mag