Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a ouvert sa troisième session ordinaire de l’année. Lors de son allocution d’ouverture, le Gouverneur et Président du CPM, Jean-Claude Kassi Brou, a dressé un bilan sans concession de la conjoncture économique mondiale et régionale, fortement perturbée par la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Une croissance mondiale ralentie par les tensions énergétiques
Le conflit au Moyen-Orient continue de déstabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier dans le secteur de l’énergie. Face à cette situation, le Fonds Monétaire International (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, l’estimant désormais à 3,0% contre 3,1% initialement prévu en avril. Parallèlement, poussée par la flambée des prix de l’énergie, l’inflation mondiale devrait grimper à 4,7% en 2026, marquant une nette hausse par rapport aux 4,1% enregistrés en 2025.
L’inflation repart à la hausse dans la zone UEMOA
L’Afrique de l’Ouest n’est pas épargnée par ce choc exogène. Les répercussions se traduisent déjà concrètement par une augmentation des prix du carburant dans sept des huit États membres de l’Union.
Alors que l’inflation au sein de l’Union était négative au premier trimestre (-0,2%), elle est repassée en territoire positif au deuxième trimestre (+0,4% en glissement annuel), avant de connaître une accélération rapide pour atteindre 1,2% en juillet et 1,7% en août 2026. Cette poussée inflationniste est principalement alimentée par les coûts du transport, du logement et de certains produits alimentaires de grande consommation (viande, poisson, légumes). Les Services de la BCEAO anticipent la poursuite de cette tendance haussière pour le reste de l’année.
Des finances publiques sous pression
Pour protéger le pouvoir d’achat des populations face à cette crise, plusieurs gouvernements de l’Union ont déployé des mesures de soutien socio-économique. En conséquence, les budgets nationaux se tendent : le déficit budgétaire global de la région s’est établi à 3,4% du PIB au premier semestre 2026, contre 3,2% à la même période l’année précédente. Les prévisions annuelles de déficit ont été révisées à la hausse par rapport aux estimations de juin dernier.
Du côté des échanges extérieurs, la situation demeure stable pour le moment, bien que le profil des comptes de l’Union doive intégrer une dégradation attendue des termes de l’échange.
Un financement de l’économie qui reste dynamique
La note positive de ce tableau économique réside dans la bonne santé du secteur financier régional. Les conditions sur le marché monétaire se sont globalement assouplies au cours du deuxième trimestre, portées par une liquidité bancaire confortable. Cet assouplissement a été favorisé par la baisse de 25 points de base des taux directeurs de la Banque Centrale opérée en mars 2026.
Le financement de l’activité économique maintient son élan : les crédits octroyés au secteur privé ont affiché une croissance de 6,6% à fin juin 2026, en accélération par rapport aux 6,0% enregistrés à la fin du premier trimestre.
Les grands chantiers de la session
Réuni en quorum, le Comité de Politique Monétaire devra trancher au cours de cette session sur les nouvelles orientations de sa politique monétaire, sur la base du rapport de conjoncture de l’UMOA. Les banquiers centraux examineront également deux dossiers clés : le rapport sur le rapatriement des recettes d’exportation et l’état de santé du système bancaire régional à la fin du premier semestre 2026.
Source : UEMOA
