9 octobre 2026

Croissance en Afrique subsaharienne : 21 pays en accélération selon la Banque mondiale

Les prévisions de croissance ont été revues à la hausse pour près des trois quarts des pays de la région par rapport aux estimations datant d’avril 2026, malgré un contexte difficile marqué par l’intensification des tensions géopolitiques mondiales et des chocs localisés, comme les phénomènes climatiques extrêmes et l’épidémie d’Ebola en RDC.

La Banque mondiale a annoncé, mardi 6 octobre, que l’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance économique de 4,3 % en 2026, soit une révision à la hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à sa précédente estimation, publiée en avril dernier.

Dans son rapport « Africa Economic Update », l’institution financière internationale a également précisé que la croissance prévue dans la région cette année devrait ainsi dépasser le taux de 4,1 % enregistré en 2025.

En 2026, la croissance devrait s’accélérer dans 21 pays d’Afrique subsaharienne par rapport à 2025, avec une hausse médiane de 0,8 point de pourcentage. Cette accélération sera particulièrement marquée dans plusieurs pays, notamment la Guinée équatoriale (4,6 points de pourcentage), le Botswana (4,2 points de pourcentage), la Zambie (1,7 point de pourcentage), l’Angola (1,4 point de pourcentage) et la République du Congo (1,3 point de pourcentage). Environ la moitié des pays de la région ont déjà dépassé leur taux de croissance annuel moyen enregistré entre 2000 et 2019.

Sur l’ensemble de l’année en cours, 23 des 47 pays de la région devraient connaître une croissance supérieure à leur moyenne à long terme d’avant la pandémie, avec une marge moyenne de 1,4 point de pourcentage. Cette tendance suggère que la dynamique de croissance récente de la région dépasse le cadre d’un simple rebond conjoncturel et reflète de plus en plus une amélioration de la demande intérieure, une stabilisation macroéconomique et de meilleures performances dans les principaux secteurs productifs.

La révision à la hausse des prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne cette année s’explique par des résultats économiques meilleurs que prévu enregistrés dans de nombreux pays de la région. Les prévisions de croissance ont été revues à la hausse pour près des trois quarts des pays d’Afrique subsaharienne, y compris de grandes économies telles que l’Angola, l’Éthiopie, le Nigeria et la Zambie, qui bénéficient d’une combinaison de vents porteurs conjoncturels et structurels.

L’augmentation des prix des produits de base stimule l’activité dans certains pays, notamment chez les exportateurs de pétrole comme le Nigeria, l’Angola et la République du Congo. D’autres pays tirent profit du redressement de l’agriculture ou encore du raffermissement de la demande intérieure.

Des réformes qui commencent à porter leurs fruits

Le rapport attribue également l’amélioration de l’activité économique dans la région à une meilleure gestion économique et à des années de réformes structurelles, qui commencent à porter leurs fruits. Au cours des deux dernières années, les banques centrales sont largement parvenues à maîtriser l’inflation, tandis que les efforts d’assainissement budgétaire ont contribué à améliorer les soldes budgétaires dans plusieurs pays, tels que l’Éthiopie, le Bénin et le Rwanda. En conséquence, la demande intérieure est restée forte, soutenue par une consommation et des investissements privés dynamiques.

D’autre part, une croissance relativement stable de la production mondiale et un commerce international soutenu ont également favorisé l’amélioration des performances de la région. Les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient se sont principalement traduites par une hausse des coûts des carburants, des engrais et des denrées alimentaires, plutôt que par un ralentissement significatif de la demande extérieure. Les investissements importants dans la transition énergétique, l’intelligence artificielle (IA) et les infrastructures numériques ont soutenu la demande en minéraux critiques et autres intrants liés aux technologies, favorisant ainsi les recettes d’exportation et l’investissement dans plusieurs pays africains.

Les risques à la baisse continuent cependant de dominer les perspectives de croissance de la région, en particulier si le conflit au Moyen-Orient s’intensifie ou si ses répercussions économiques s’avèrent plus persistantes que prévu. Un épisode El Niño de forte intensité pourrait également peser sur les perspectives de croissance en Afrique subsaharienne, car les sécheresses, les vagues de chaleur et les inondations risquent de perturber la production agricole dans de vastes pans de la région.

La Banque mondiale souligne par ailleurs que le raffermissement attendu de la croissance au sud du Sahara demeure insuffisant pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté ou créer suffisamment de possibilités d’emploi pour la population active de la région, qui augmente rapidement. Le taux de pauvreté ne devrait baisser que très légèrement, passant de 47,8 % en 2026 à 47,1 % en 2027, selon le seuil international de pauvreté de 3 dollars par jour en parité de pouvoir d’achat de 2021. De plus, le nombre absolu de personnes en situation de pauvreté devrait continuer d’augmenter, ce qui met en évidence la difficulté de traduire la croissance économique en amélioration du niveau de vie dans un contexte de forte croissance démographique.

Ecofin