La République de Guinée franchit une étape décisive dans la gestion de ses actifs miniers en annonçant la conclusion d’un accord amiable avec Emirates Aluminium Global (EGA), mettant un terme au différend né de la résiliation de la convention de Guinea Alumina corporation de (GAC).
Selon le Comité stratégique de Simandou, cet accord – encore soumis à certaines conditions – prévoit le versement par l’État guinéen d’un montant forfaitaire en compensation du transfert des actifs de GAC vers Nimba Mining Company , structure publique chargée de reprendre les opérations. Le montant exact reste confidentiel , mais son évaluation repose sur les actifs industriels et logistiques de la société, à l’exclusion du gisement, qui demeure propriété de l’État.
Un différend lié aux obligations de transformation locale
Pour rappel, les autorités guinéennes avaient résilié en juillet 2025 les permis et la convention de base de GAC, invoquant le non-respect des engagements contractuels, notamment en matière de transformation locale de la bauxite. Le principal point de friction concernait l’absence de mise en œuvre d’un projet de raffinerie d’alumine, pourtant central dans la stratégie nationale de montée en valeur de la chaîne minière.
À la suite de cette décision, les actifs de GAC ont été transférés en août 2025 à Nimba Mining Company marquant une reprise en main étatique du projet.
Enjeux commerciaux et continuité des flux
L’accord amiable s’inscrit également dans la continuité des relations commerciales établies en 2024, qui autorisaient EGA à acquérir jusqu’à 300 000 tonnes de bauxite par an auprès de Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG). Ce volume correspond à la quote-part annuelle de l’État guinéen dans la production de la CBG, commercialisée via la société Guinéenne du patrimoine Minier.
Signal aux investisseurs
Pour les acteurs du marché, cet accord envoie un double signal : d’une part, la volonté de Conakry de faire respecter ses exigences en matière de transformation locale et de contenu industriel ; d’autre part, sa capacité à privilégier des solutions négociées pour sécuriser l’environnement des affaires.
Dans un contexte de compétition accrue pour l’accès aux ressources stratégiques africaines, la clarification de ce dossier renforce la lisibilité du cadre d’investissement en Guinée, premier exportateur mondial de bauxite.
Kadiatou SOW
