22 octobre 2026

Régulation des fintech en Afrique de l’Ouest : le grand défi de l’agilité réglementaire, selon Mohamed Lamine Niasse

Si l’Afrique de l’Ouest s’impose comme l’un des territoires les plus dynamiques pour l’innovation financière, son écosystème fait face à un goulot d’étranglement majeur : le cadre légal. En marge de la Guinea Fintech Week 2026 à Conakry, Mohamed Lamine Niasse, Directeur Général de Bayson, a dressé un constat sans concession sur la situation régionale. Pour ce spécialiste de la cybersécurité, l’accélération technologique se heurte à la lenteur des réformes institutionnelles.

« De manière générale, en Afrique de l’Ouest, le défi majeur des fintech réside dans la régulation et la réglementation », analyse le directeur général.

Un décalage persistant entre innovation et législation

Pour le patron de Bayson, le volume des transactions mobiles et l’émergence des start-up de la tech avancent à pas de géant, mais les textes de loi régissant le secteur peinent à suivre ce rythme effréné. Ce décalage crée une zone de flou préjudiciable.

Pour les jeunes pousses de la tech, obtenir des agréments ou des licences d’exploitation relève souvent du parcours du combattant. Selon l’expert, cette situation ralentit le déploiement de solutions pourtant prêtes à être commercialisées, freine l’inclusion financière des populations et dissuade les investisseurs internationaux en quête de visibilité juridique.

Un appel direct à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG)

Face à ces barrières qui brident la compétitivité, Mohamed Lamine Niasse refuse le fatalisme et prône une co-construction active entre les entrepreneurs de la tech et les autorités monétaires. C’est dans cette optique qu’il lance un appel direct et constructif au régulateur du pays hôte de l’événement :

« J’appelle aujourd’hui la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) à faire preuve de beaucoup plus de diligence et de pouvoir accompagner les acteurs de la fintech à disposer des éléments qui leur permettront d’être plus efficaces. »

Pour le Directeur Général de Bayson, le rôle des institutions ne doit plus se limiter au contrôle strict, mais s’orienter vers l’accompagnement.

Bâtir un écosystème durable et fiable

L’enjeu de cet appel à la diligence est immense : il s’agit de transformer la réglementation en un véritable levier de croissance plutôt qu’en une barrière administrative. En modernisant les cadres légaux et en accélérant l’octroi des licences, les autorités permettront aux experts du secteur de déployer des technologies hautement sécurisées.

C’est à ce prix, conclut Mohamed Lamine Niasse, que la sous-région pourra « échanger et construire un écosystème durable et beaucoup plus fiable pour toute la population de la Guinée et de la sous-région ouest-africaine », érigeant la confiance et la sécurité numérique en piliers du développement économique.

BIZPERO